Tivaouane

Ancien terroir des Ceddos (paeins) connus pour leur hostilité à l'islam, Tivaouane est depuis Presque un siècle un ardent foyer dégageant les pulsions qui fortifient la religion musulmane au Sénégal. Mais rien ne prédestinait, à une telle vocation, cette ville prise en tenaille entre des contrées où l'animisme avait force de règle de conduite. Il a fallu l'arrivée au début de ce siècle d'un homme faisant du combat pour l'expansion de l'islam sa seule raison d'être sur terre pour que cette transition qui tient du miracle se réalise. Cet homme est El Hadji Malick Sy (rta).
Á l'époque où, dans cette partie du Sénégal, les croyances animistes étaient profondément ancrées dans les mœurs sans compter qu'avec une longue présence, le pouvoir colonial avait asservi son monde. Il y avait donc un ordre établi que rien ne permettait de violer.
En 1902, El Hadji Malick Sy se fixe définitivement à Tivaouane où il ouvre son école d'enseignement coranique, véritable Université populaire qui contribuera à répandre largement les rudiments de l'enseignement musulman par l'intermédiaire des nombreux maîtres qu'elle formera. Mais à la même époque, à l'heure où El Hadji Malick commence son apostolat , la doctrine tijânia s'est déjà propagée et fortement implantée dans tout le Sénégal où l'on constate l'existence de plusieurs groupements omariens dans le Walo, à Louga, à Tivaouane, à Thies, à Diourbel et surtout dans la région du Sine Saloum où se fait sentir plus vivement l'influence omarienne sous l'impulsion du Marabout El Hadji Abdoulaye Niasse qui s'est établi d'abord dans le walo-Rip en 1888, puis définitivement à Kaolack en 1910.
La haute culture de El Hadji Malick Sy, la renommée de ses études, sa vie exemplaire et son désintéressement expliquent l'influence exercée par ce marabout de 1902 à 1922 et la vénération don-t il est l'objet de la plus part de tous les musulmans sénégalais.
Par son enseignement, El Hadji Malick Sy devait contribuer pour une large part à la diffusion de la science coranique au Sénégal. De la Zawiya de Tivaouane sortiront en effet, à partir de 1902, de nombreux maîtres d'école coraniques qui répandront le Tijânisme à travers tout le pays.
Dahira Nadjina
