La purification
La « PETITE » ABLUTION
Si le
problème de souillure majeure ne se pose pas et qu'on soit devant une
situation qui nécessite une simple ablution, la procédure est la
suivante :
- l'intention de faire des ablutions en vue de la prière (fass yééné diap nguir diouli, diouli farata)
- se laver 3 fois les mains,
- se laver la bouche 3 fois (en frottant les dents avec l'inx droit),
- se « moucher » 3 fois,
- laver son visage 3 fois, (du haut du front jusqu'au menton et à la
frontière des oreilles),
- laver 3 fois, les avant-bras : des ongles au coude (et non pas des poignets au coude ; laver l'extérieur de l'avant-bras d'abord ; puis l'intérieur). Passer de l'eau entre les doigts et nettoyer ou entrecroiser ses doigts (Khaliil saye baaraame).
- - faire le masaa de la tête : attention, il ne s'agit pas de laver la tête à flot d'eau. Le masaa de la tête signifie : mouiller ses mains (sans retenir l'eau) et passer ses mains mouillées sur les cheveux dans un mouvement d'aller retour,
- - faire le masaa des oreilles 1 fois (là encore, mouiller ses 2 mains, laisser « tomber » l'eau et nettoyer ses 2 oreilles à l'aide de l'index et du pouce notamment (le pouce frotte l'extérieur du lobe, tandis que l'index « nettoie » l'intérieur).
- - laver ses pieds, (droit puis gauche) talon compris. Utiliser de préférence la main gauche pour le lavage des pieds.
Remarque :
a) On commence toujours par le membre droit (la main droite, le pied droit, etc...)
b) On commence également toujours par le côté droit du membre concerné
(par exemple le côté droit du pied à laver) vers la gauche.
c) On lave en « frottant » (on ne se contente pas de mouiller les membres concernés par le lavage).
d) On fait ses ablutions d'un trait, sans interruption.
Après avoir fait ses ablutions, on prononce les paroles d'attestation de la foi musulmane à savoir :
ACH/HADOU ANE LAA ILAAHA ILLAL LAAHOU WAHDAHOU LAA CHARIIKA
LEHOU, WA ACH/HADOU ANNA MOUHAMMADANE ABDOÛHOU WA RASSOÛLOUHOU
Traduction :
J'atteste qu'il n'y a de dieu que DIEU, l'Unique, sans associé et j'atteste que Mouhammad est son serviteur et son envoyé.
Le Prophète (Paix sur lui) a dit que toute personne (croyante) qui
meurt en prononçant ces paroles, ira Incha - Allaahou au paradis. Il
est également dit que tout croyant qui fait usage régulièrement du
cure-dent (« sothiou ») dira facilement cette attestation.
Par
contre les théologiens disent que tout croyant qui fait régulièrement
usage de tabac, s'il ne se repentait pas à temps, oubliera cette
attestation dans son agonie (extrait du livre « Les enseignements de
l'islam » par Sheikhul Hadith Mawlana Zakariyah, édité par le centre
islamique de l'Ile de la Réunion (France) - 31 rue Marius et Ary
Leblond - St-pierre (Réunion), page 12 de la première partie intitulée
« l'importance de la prière »).
Autant les théologiens attribuent 70 vertus au cure-dent, autant ils attribuent 70 méfaits au tabac. Certains hommes de Dieu disent même que toute personne dont l'usage du tabac était l'habitude, une fois enterrée avec le corps dirigé vers l'Est (la Kaaba), verra incha- Allah sa tête retournée vers la direction opposée par les anges et cela avant même que les gens qui l'enterraient ne se soient éloignés de 7 pas de la tombe.
e) Si
on n'a pas beaucoup d'eau, on peut faire les lavages 2 fois ou alors 1
fois en veillant toutefois à bien toucher (nettoyer, mouiller) toutes
les parties concernées.
Si on
n'a pas d'eau du tout et que l'heure de prier risque de passer, on
procède au tayamoume (Tiim en ouoloff) c'est à dire à la purification
par le sable ou une roche lisse. Ici l'intention est exprimée comme
suit : « Mangui fass yééné daganal dioulik farata ci mane ». Il est
autorisé d'effectuer une prière naafila avec cette purification après
une prière farata (obligatoire). Cependant, s'il faut refaire une
prière obligatoire, il faudrait renouveler le Tayamoume (Tiim).
- - Siwou / Ferlou
Dans le
cadre des ablutions il y a 2 notions très importantes auxquelles, il
convient de faire attention et qui sont appelées en ouoloff « SIWOU »
et « FERLOU ».
Il est courant de voir un musulman aller dans les
toilettes, et faire ses besoins (uriner) avant de faire ses
ablutions. Beaucoup d'entre nous (les hommes en particulier) sans
attendre que toutes les gouttes d'urine aient fini de «suinter »
complètement, aussitôt que nous sortons des toilettes nous procédons
aux ablutions.
La
conséquence est qu'au moment même de faire les ablutions ou dès fois,
après avoir terminé (cela dépend des personnes), il arrive souvent que
des gouttes d'urine qui étaient « restées dans le circuit » « tombent »
sans même qu'on s'en aperçoive gâtant ainsi les prières qui ont suivi.
En même temps le « slip » ainsi «souillé » n'est plus valable pour faire une prière.
D'après Ibn ABBAS (que Dieu l'agrée), le Prophète (Paix et Salut sur
Lui) passant près de 2 tombes, dit : « On tourmente, les 2 morts
enterrés ici, mais ce n'est point pour une chose « importante » : l'un
d'eux ne se protégeait pas des tâches d'urine et l'autre colportait des
médisances ».
Par conséquent, lorsqu'on a fini d'uriner il faut veiller à 2 choses :
a - Attendre un peu dans les toilettes, passer les 2 doigts (index et
pouce) de la main gauche sur le sexe, de la racine au bout en pressant
légèrement de manière à éliminer l'urine.
Répéter cette « opération » 2 fois (soit 3 fois au total). C'est ce qu'on appelle FERLOU en ouoloff.
b - Nettoyer le bout du sexe avec de l'eau. C'est le SIWOU. L'eau, à ce
stade, « arrête » généralement les suintements de gouttes d'urine.
Ce n'est qu'alors qu'on peut procéder aux ablutions « en toute sécurité
». Si on n'a pas le temps d'attendre que les gouttes veuillent bien
passer, on peut « placer » un Kleenex ou un morceau de papier « buvard
» ou même un morceau de tissu dans le slip, aller vaquer à quelques
occupations ; revenir au bout de 5 minutes ; généralement toutes les
gouttes seront tombées (FERLOU) sur le morceau évitant ainsi de
souiller le slip. On se débarrasse du Kleenex ou autres ; on se nettoie
avec de l'eau (SIWOU) et on est prêt pour les ablutions.
Chez les femmes le problème est moins fréquent. En tout état de cause il lui est recommandé elle aussi de faire son FERLOU.
COMMENT ?
Lorsqu'elle a fini de se soulager, elle doit se lever, se tenir debout
une petite seconde s'asseoir ou s'accroupir à nouveau et enfin se
nettoyer avec de l'eau.
- - Le « SALASSE » (les incontinences)
Quelqu'un qui indépendamment de sa volonté voit ses ablutions toujours gâtées, par exemple :
- quelqu'un qui a des écoulements continus d'urine,
- une femme qui a des menstrues (règles) permanentes,
- quelqu'un qui émet du gaz tout le temps, de manière anormale ou inhabituelle.
Celui-là, l'islam le considère comme étant dans une situation de force
majeure. Celui-là peut (et même doit) considérer que ses ablutions ne
sont jamais gâtées par ces incontinences, ou mieux la Charria lui
pardonne ou « l'exonère » de l'obligation de renouveler ses ablutions.
A chaque prière, il lui est tout simplement recommandé de faire de
nouvelles ablutions (et ce n'est même pas obligatoire), à moins que les
ablutions aient été gâtées par autre chose telle que :
- dormir profondément,
- toucher son sexe avec la paume de sa main,
- avoir des pensées excitées (à caractère sensuel),
- les autres cas classiques, etc...
(Dans ces cas, il doit obligatoirement reprendre ses ablutions).
- La pureté relative aux habits
Sur le
chapitre de la « pureté », il importe d'attirer l'attention du musulman
qu'il doit également veiller à la « propreté » des habits avec lesquels
il prie.
Quel est le problème ?
Souvent on lave les habits en même temps que les draps, ou en même temps que des pyjamas ou des slips.
Si par hasard les draps en questions ou les pyjamas ou les slips sont
souillés (de sperme), il faut normalement les laver à part.
S'ils sont mélangés aux habits avec lesquels il peut arriver qu'on
prie, l'islam recommande de les laver de la manière suivante : (c'est
le fameux « Khayou »)
- Soit :
a. plonger
en même temps tous les habits et draps (donc le linge souillé et le
linge non souillé) dans la bassine remplie d'eau sans savon, (eau
«pure»),
b. laisser bien tremper,
c. essorer le linge 1 à 1 en le transvasant dans une autre bassine ou toute autre place,
d. verser l'eau de la première bassine,
e. rincer cette bassine avec une eau propre,
f. enfin laver avec du savon dans la nouvelle bassine ou la première (si on remet à nouveau dans cette bassine).
- Soit :
- placer tout le linge dans une bassine,
- verser l'eau dessus,
- laisser bien tremper,
- essorer 1 à 1 en transvasant,
- verser l'eau, rincer la bassine à l'eau propre si on veut la réutiliser,
- enfin laver avec du savon.
L'idéal bien entendu (qui évite toute complication) est de laver à part
le linge souillé (en respectant néanmoins les règles rappelés
ci-dessus) et le linge non souillé à part.
En tout état de cause, le principe est :
1) premièrement de rendre « pur » le linge (surtout celui qu'on est
susceptible de porter pour prier) avec de l'eau sans savon d'abord,
2) deuxièmement de ne pas laver (lavage de purification) les habits ou
linge l'un après l'autre, c'est à dire plonger 1 linge, le tremper,
l'essorer puis le transvaser ; faire la même chose avec 1 deuxième
linge en utilisant la même eau (qui a peut-être été souillée par le 1er
linge, la rendant ainsi non valable pour « purifier » les autres
linges).
Ici également, il importe d'approfondir la question avec les « docteurs » de la loi islamique.
Enfin, il arrive d'entendre qu'une femme ne peut pas prier avec les habits qu'elle portait lorsqu'elle avait ses règles.
Ceci est évidemment faux, à moins que pour une raison ou une autre, cet
habit ou ces habits aient été tachés (et donc souillés) par le sang des
menstrues (règles) et non lavés.
- Ablution avec « Masaa » des chaussures : est-ce possible ?
Du temps du Prophète (sallal Laahou aleyhi wa sallam),il y avait une pratique autorisée et qui était courante.
Il s'agit de la possibilité de refaire ses ablutions sans pour autant
se déchausser mais en faisant le « masaa » sur ses chaussures (des
bottes ou bottillons notamment). Et dans ces cas là, on prie avec ses
bottillons.
La tentation est grande à notre époque dite « moderne »
de faire une interprétation très flexible de cette « facilité » pour en
bénéficier et régler certaines « contraintes » que peut poser l'acte
d'ablution pour certains.
Il faut cependant savoir qu'il y a des règles très précises, 11 notamment qui conditionnent cette « procédure » :
6 conditions concernent les bottes tandis que les 5 autres concernent la personne elle-même.
a) Les conditions relatives aux bottes
- les bottes doivent être en cuir (« derr »)
- le cuir doit provenir de la peau d'un animal licite (porc, cochon exclus)
(« derr bou laab »)
- les bottes doivent être cousues (non collées)
- elles doivent couvrir les chevilles
- elles doivent permettre de marcher (ni trop serrées, ni trop grandes)
- rien ne doit s'intercaler entre la botte et la peau (donc pas de chaussettes)
b) Les conditions relatives à la personne
- la personne doit avoir fait au préalable ses ablutions avant d'enfiler les bottes au départ
- ablutions avec de l'eau (purification sèche exclue) (laabou ndox)
- les ablutions doivent avoir été faites de façon complète (laab bi na matt, tieur yeup égue nga doogua sole botte yi)
- tu dois avoir porté les bottes sans intention de «se faire voir », (tiiterou taxoul)
- ni l'intention de commettre un péché (moyy yalla taxoul).
Observations:
- Le « masaa » doit être lui même fait selon les règles suivantes :
* Botte droite : poser la main droite sur la partie supérieure de la
botte ; placer la main gauche sous la botte, faire le « masaa » en
commençant par le bout du pied, ce jusqu'aux chevilles.
* Botte gauche : on inverse la position des mains, la main droite en dessous et la main gauche au dessus.
- Si on oublie de faire le « masaa » de la partie supérieure des
bottes, la prière est gâtée (soo faaté masaa kow botte yi, sa diouli
yaxouna).
- Si on oublie de faire le « masaa » de la partie
inférieure des bottes et qu'on s'en rappelle après la prière, il est
recommandé (et non obligatoire) de refaire sa prière si l'horaire de la
prière n'es pas encore « épuisé » (sope ne niou nga bametou diouli gui
ci waxtome). Si l'horaire (mokhtaar + dororiou) est passé, on ne « paye
» pas cette prière.
Dahira Nadjina
Daara Serigne Mor Diop
