Edito : Janvier 2009

 

Borom Daara Ji

 

 

 

      Interview exclusive de Serigne Mansour Sy

KHalif Général des Tidianes

Homme de Dieu d’un verbe facile, Serigne Mansour Sy est très connu de par sa science mystique et son humour. Il est un grand éducateur et un grand agriculteur. C’est une référence dans la lignée de Seydi Hadji Malick Sy. Il est le deuxième fils de Seydi Aboubacar Sy après Serigne Moustafa Sy. Sa mère Sokhna Astou Seck fait partie de la grande famille de Mbao :

Serigne Mansour Sy a eu un petit frère du nom d’Alioune Sy rappelé à Dieu à bas âge et enterré dans le mausolée de sa mère à la grande mosquée de Serigne Babacar SY .Les seules préoccupations de Borom Daara Ji sont les champs et l’enseignement comme il se plait à le rappeler dans cet interview exclusive  qu’il a accordée à Serigne Alioune Sall Safietou  précisément à Tivaouane.

S.A.S : Je suis en face de Serigne Mansour Sy Khalife Général des Tidjanes.Vous avez soutenu qu’il y’a beaucoup de choses qui  vous sont aussi chères sinon plus que la Khilafa quelles sont elles ?

Je tiens d’abord à te saluer et à te remercier toi Alioune Sall pour le fait que tu t’intéresses à l’œuvre de ton grand pére le Vénéré Seydi Hadji Malick Sy. Que Dieu t’assiste.

La raison pour laquelle tu m’as trouvé dans ma chambre c’est que je dois respecter les ordres de mon médecin qui m’a interdit toute lecture de même des activités intenses du fait de ma récente opération des yeux.

Quant à votre question, c’est vrai que la khilafa est d’une importance notoire pour moi, mais certains évènements l’ont précédé et sont pour moi d’une importance capitale.

Un jour de 1938, Serigne Babacar Sy m’a remis une lettre en destination de mon homonyme Al Hadji Mansour, afin qu’il la lise. Il était de leurs habitudes de se concerter sur leurs correspondances respectives afin de trouver la meilleure réponse possible .En 1938 donc, Serigne Babacar Sy  reçut une lettre qui l’informa de sa nomination comme président d’une coopérative ainsi que de celle d’El Hadji Mansour comme vice-président.

Serigne Babacar Sy me chargea donc de dire à mon homonyme que pour le moment il avait donné une réponse négative et conseilla à ce celui-ci d’adopter la même attitude.

En plus de sa réponse, mon homonyme me remit un poème qu’il  me chargea de montrer a mon père et dans lequel il disait :

« Ô toi Mansour, fils de Khalifa, ou que tu ailles, que la grâce de Dieu te suive. »

A la lecture de ces vers Serigne Babacar Sy me dit :

« Amin »

Donc ces prières d’Al Hadji Mansour à mon endroit ainsi que le « Amin » de Serigne Babacar Sy sont  pour moi deux choses qui m’apporte autant de satisfaction que la Khilafa.

En février 1957, un Jeudi  toujours, je vins trouver mon père pour l’informer de mon départ pour la daara .Comme j’avais l’habitude de le faire.

En ce moment il était alité .En fait mon père est resté couché pendant  5 mois.

Plus tard un émissaire du nom de Mar Ciss vint me trouver au daara et  m’informa que mon père avait besoin de moi pour régler quelques affaires courantes.

Ce jour là il me dit « je te remercie mon fils car si on a besoin d’assistance c’est précisément  parce que on est dans l’impossibilité de se satisfaire soi même. Tu m’as assisté que Dieu fasse de même pour toi »

Cette prière de mon père est la deuxième chose qui me vaut plus se satisfaction que la Khilafa.

Le 10 aout 1997, j’allais comme à mon habitude chercher  El Hadji Abdou Aziz  pour recevoir la délégation officielle.

Cela pour respecter encore la coutume qui consistait à aller chercher Al Hadji Mansour, sur ordre de mon père, afin qu’ensemble ils se rendent à la mosquée pour célébrer la nuit du Maouloud.

Le 17 aout  donc, je fis savoir à Dabakh que toute l’assitance était là et n’attendait que lui .Ce jour là, il me remit un poème dans lequel il disait :

« Je jure que ne se lève point le soleil et ne se couche t-il point sans qu’en mon fort intérieur  je ne pense à toi ».

Jamais je ne m’assois dans une causerie et ne la clôture sans mentionner ton nom .Chaque inspiration que je fais et que me vaut un bonheur, et chaque expiration dont la cause est un malheur qui me frappe  s’accompagnent de ton image.je n’étanche point ma soif sans qu’auparavant je ne t’aie devant moi dans une vision. »

Le 9 septembre, un mercredi Ndeye Sofi porteur d’un message de El Hadji Abdou Aziz vint me voir.

Ce dernier me demandait d’aller  faire des prières pour lui aux mausolées de Serigne Babacar Sy et d’El Hadji Malick et après venir le voir.

Quand ce jour là, 2h du matin, je sortis des mosquées  je rencontrai Mansour et Mame Alfa Sy. Je me réjouis de la coïncidence et leurs fis part de la mission dont j’étais chargé par mon père.

Le lendemain  jeudi  je m’accompagnai  de mon fils Cheickh Tidianes Sy ; d’Abdou Sarr et de mon chauffeur  Souleymane Dabo à qui  je demandais de passer par la route des Niayes afin que je jette un coup d’œil sur mes champs. Là un problème technique avec ma voiture fit que finalement c’est avec Mbaye Gueye que je rejoignis Dakar vers 17h20

Mustapha Diop  m’accueillit et m’introduisit auprès du vieux qui demanda à l’assistance de rester en place avant de me remettre les vers qui devait me consacrer Khalife de Cheikh Ahmed Tidjine.

S.A.S: Il parait que vous avez chanté la bourde pour ton père Serigne Babacar Sy en compagnie d’Emad Sy Wellé.

Mon père à d’abord chanté le bourde accompagné de Serigne Ndioba dés l’apparition de la lune.

A la maladie de ce dernier. Il le fit avec  Serigne Birane Sarr. Un jour il eut une grippe et demande à ce que Serigne Cheikh et moi nous prenions la relève. Sur  ma demande il s’efforça de célébrer l’office, mais cela devait être la dernière bourde qu’il chanta personnellement.

Puis Serigne Cheikh et moi entrions en lice pendant des années mais comme il était souvent retenu à Dakar, Mbaye Dondé le remplaça à mes côtés. Puis à sa disparition, Seydou Wellé prit la relève.

S.A.S: Il est dit que vous diriger admirablement le wazifa?

Un jour que Serigne Babacar était à Ndiassane, Emad Sy Wellé, Mandickou, Modou faye et Balla Falli m’entouraient dans une séance de wazifa .A la fin de la récitation quand je retrouvais mon père, il me fit part de l’émotion extrême qui s’était emparée de lui.

Il  faut aussi dire que j’étais particulièrement  vigilant par rapport à la ponctualité de mes talibés à la mosquée.

S.A.S : Vous avez pour habitude de demander à vos talibés de regagner leurs villages d’origine à la fin de leur formation afin qu’ils y enseignent le Coran :

Lamine Diouf est  l’actuel Imam de mes élèves. Aliou Ndiaye, Assane Diop, Nguirane et d’autres sont aussi mes élèves et c’est eux qui perpétuent  les enseignements

S.A.S: Vous avez aussi pour réputation d’honorer toutes les personnes, sans distinction de leur condition sociale. D’où vous vient cette habitude ?

Cela découle de l’enseignement du Prophète et de la pratique des anciens qui nous servent de guides.

S.A.S : A propos du gamou, quels sont les fondements du bourde ?

C’est en fonction de la divergence sur la date de naissance du prophète qui, selon les uns et les autres, se situe entre le 2, le 8  ou le 12 du mois de Rajab.

El hadji Malick homme de sagesse et de conciliation pris le bourde composé de 10 chapitres et en récitant un pour chaque jour depuis l’apparition de la lune .puis au 12eme jour il célèbre le Maouloud car le 12eme jour est le plus  dans les livres  

S.A.S : A quand l’université de Tivaoune ?

Cheikh Ngom (Architecte) a déjà fini les plans et ils sont entre les mains de Mansour DIAKHATE.L’université sera située entre la mosquée de El hadj Malick SY et ma maison. Le cout est de 300 000 millions que je compte libérer seul grâce au produit de mes champs .Ce sera ma contribution pour mon grand père.

S.A.S : Quels ont été les conseils de votre père en ce qui concerne l’agriculture?

C’est lui qui m’a éduqué, formé et donné l’Ijaza, Itlakh et Itlakhoul Itlakh.Avant de terminer mes études j’avais déjà sous son ordre, commencé à enseigner.

Mon père m’a conseillé de m’adonner à l’agriculture afin de trouver une occupation à mes Talibés. Je me fis donc attribué un champ à Yandal. Ma première récolte n’était pas bonne  .Quand je m’en suis plaint auprès de mon père, il me conseilla d’en remettre le produit à Serigne Medoune SARR en guise de Hadiya. A mon arrivée, ce dernier me dit qu’il soupçonnait  la main de mon père   .Je répondis par l’affirmative.

Bref ma deuxième récolte fut très abondante et mon père très satisfait de moi, me conseilla de préserver. Aujourd’hui j’ai un système de goutte à goutte qui vaut des centaines de millions.

S.A.S : Que conseillez vous aux talibés faces aux turpides de notre temps?

Le Prophète SAW dit « je vous laisse un chemin radieux dont son jour et sa nuit ne font qu’un »

Fils de marabout ou pas la pratique de la religion, la recherche de la connaissance et le travail sont mes recommandations.

                                               Réalisée par Serigne Alioune Sall Safiétou


                               Responsable Moral Dahira Moutahabina Fillahi de Diamalaye